Guy Debord (1931-1994) est un essayiste et réalisateur français. La société du spectacle est son œuvre majeure.
Très bref extrait du chapitre 9 :
« Le spectacle est l’idéologie par excellence, parce qu’il expose et manifeste dans sa plénitude l’essence de tout système idéologique : l’appauvrissement, l’asservissement et la négation de la vie réelle. Le spectacle est matériellement « l’expression de la séparation et de l’éloignement entre l’homme et l’homme ». La « nouvelle puissance de la tromperie » qui s’y est concentrée à sa base dans cette production, par laquelle « avec la masse des objets croît... le nouveau domaine des êtres étrangers à qui l’homme est asservi ». C’est le stade suprême d’une expansion qui a retourné le besoin contre la vie. « Le besoin de l’argent est donc le vrai besoin produit par l’économie politique, et le seul besoin qu’elle produit » (manuscrits économico-philosophiques). Le spectacle étend à toute la vie sociale le principe que Hegel, dans la Realphilosophie d’Iéna, conçoit comme celui de l’argent ; c’est «  la vie de ce qui est mort, se mouvant en soi-même ». »
D’autres extraits lus et mis en images par l’auteur :
L’intégrale de La société du spectacle est ici : http://library.nothingness.org/articles/SI/fr/pub_contents/7
– Billet de Jean-Louis MILLET
dimanche 6 mai 2012
dimanche 1 avril 2012
Maurice Roth (art figuratif)
Maurice Roth, peintre connu en Israël, expose des oeuvres qui dépeignent l’atrocité, la souffrance et les horreurs de la guerre.
« Petit enfant, la route de Moshé Roth est celle d’un être poursuivi, errant, vagabondant de cache en cache, de peurs en terreurs et de fausses identités en noms d’emprunt. Le chemin du peintre Moshé maîtrisant le monde qui naît de son pinceau est, lui, infiniment spécifique. Sans savoir même quelles sont les origines du peintre, on est immédiatement envahi par les impressions qu’il sait nous communiquer : sentiment d’intériorité, de fragilité, de tourment et de souffrances. » (Irit Salmon, préface, p. VI, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
« Ce que l’on pourrait prendre pour un choix délibéré d’artiste n’en est pas. L’innommable est partie constituante de l’oeuvre du peintre, quelle que soit la façon dont il nous le livre : par le titre absent, par la forme seulement évoquée, par la couleur qui, lorsqu’il consent à l’utiliser, s’échappe constamment des nuances repérables pour retourner au noir originel. »(Michèle Gans, préface, p. VIII, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
« Ces corps que la douleur disloque et désarticule jusqu’à la difformité sont voués à s’amalgamer à l’ombre. Peu à peu, les noirs et les encres gagnent, envahissent, dévorent les visages et les membres qu’ils vont engloutir, les résorbant « dans l’avare silence et la massive nuit », les restituant au chaos primordial. » (Gilles d’Humières, préface en date du 18 novembre 1990, p. IV, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
Ce sont « de grands tableaux sombres entachés soudain d’étonnantes clartés. Peu de contrastes cependant. Ce n’est pas dans la nature du peintre. La force, la vigueur, la rage de témoigner, de voir, de vivre s’expriment ici sans âcreté. » (C.H., « Maurice Roth : Une brutale sincérité », Cahiers de France et du Mexique, Le Journal français, Mexico, 1970, p. 23)
« Le thème de la Shoah est au centre de l’art de Moshé Roth. Cependant, il n’est traité ni de manière réaliste ni à la façon expressionniste, évitant même d’utiliser les moindres éléments figuratifs, formels ou tout autre mode auquel on s’attendrait pour exprimer traditionnellement la souffrance de l’humanité. Le corps humain se métamorphose chez lui en des masses quasi abstraites dans lesquelles seul un spectateur sensible ou averti peut soupçonner la présence d’une évocation délicate : celle d’un vieil homme, d’un enfant, d’une mère. Qui plus est, ces ombres d’hommes, entassées, pressées ou prises isolément semblent occuper le sombre infini d’un espace non décrit. Elles en sont à la fois les poursuivants et les poursuivis. Dans cette mouvance tragique, seule la blancheur du papier qui jaillit parfois entre le noir des encres laisse entendre que l’espoir n’est pas complètement banni des oeuvres de l’artiste. » (Dalia Tawil, préface, « La Shoah : impressions d’artiste », Exposition des oeuvres de Moshé Roth au Musée de la Yeshiva University à New York, Yeshiva University Museum, 1976)
Nous vous présentons quelques-unes de ses plus récentes créations.
Images : Maurice Roth
« Petit enfant, la route de Moshé Roth est celle d’un être poursuivi, errant, vagabondant de cache en cache, de peurs en terreurs et de fausses identités en noms d’emprunt. Le chemin du peintre Moshé maîtrisant le monde qui naît de son pinceau est, lui, infiniment spécifique. Sans savoir même quelles sont les origines du peintre, on est immédiatement envahi par les impressions qu’il sait nous communiquer : sentiment d’intériorité, de fragilité, de tourment et de souffrances. » (Irit Salmon, préface, p. VI, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
« Ce que l’on pourrait prendre pour un choix délibéré d’artiste n’en est pas. L’innommable est partie constituante de l’oeuvre du peintre, quelle que soit la façon dont il nous le livre : par le titre absent, par la forme seulement évoquée, par la couleur qui, lorsqu’il consent à l’utiliser, s’échappe constamment des nuances repérables pour retourner au noir originel. »(Michèle Gans, préface, p. VIII, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
« Ces corps que la douleur disloque et désarticule jusqu’à la difformité sont voués à s’amalgamer à l’ombre. Peu à peu, les noirs et les encres gagnent, envahissent, dévorent les visages et les membres qu’ils vont engloutir, les résorbant « dans l’avare silence et la massive nuit », les restituant au chaos primordial. » (Gilles d’Humières, préface en date du 18 novembre 1990, p. IV, « Maurice Roth : La lumière captive : Exposition d’oeuvres peintes (lavis, encres, fusains) », Yad Vashem, Jérusalem, hiver 1991)
Ce sont « de grands tableaux sombres entachés soudain d’étonnantes clartés. Peu de contrastes cependant. Ce n’est pas dans la nature du peintre. La force, la vigueur, la rage de témoigner, de voir, de vivre s’expriment ici sans âcreté. » (C.H., « Maurice Roth : Une brutale sincérité », Cahiers de France et du Mexique, Le Journal français, Mexico, 1970, p. 23)
« Le thème de la Shoah est au centre de l’art de Moshé Roth. Cependant, il n’est traité ni de manière réaliste ni à la façon expressionniste, évitant même d’utiliser les moindres éléments figuratifs, formels ou tout autre mode auquel on s’attendrait pour exprimer traditionnellement la souffrance de l’humanité. Le corps humain se métamorphose chez lui en des masses quasi abstraites dans lesquelles seul un spectateur sensible ou averti peut soupçonner la présence d’une évocation délicate : celle d’un vieil homme, d’un enfant, d’une mère. Qui plus est, ces ombres d’hommes, entassées, pressées ou prises isolément semblent occuper le sombre infini d’un espace non décrit. Elles en sont à la fois les poursuivants et les poursuivis. Dans cette mouvance tragique, seule la blancheur du papier qui jaillit parfois entre le noir des encres laisse entendre que l’espoir n’est pas complètement banni des oeuvres de l’artiste. » (Dalia Tawil, préface, « La Shoah : impressions d’artiste », Exposition des oeuvres de Moshé Roth au Musée de la Yeshiva University à New York, Yeshiva University Museum, 1976)
Nous vous présentons quelques-unes de ses plus récentes créations.
Images : Maurice Roth
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Roth (Maurice)
vendredi 23 mars 2012
Ivre, il faut vivre ivre !
Je rame dans l’affreux tintamarre des ivrognes
Sur les eaux basses du pur ennui
Celui qui inventa l’ombre avant la lumière
Je sème les yeux à tous les vents
Au trou de la serrure de la porte qui n’existe pas
Minuit à perte de vue
Oeillade de la lune sur la soie d’un paysage blanc
Entre le cœur et l’éclair
Pénétrer l’avenir par le toit…
Sur des protons épileptiques
Ma chanson roule vers l’exil
La matière informe d’une petite insomnie
Cancer mythique du temps passé
Le jour blafard fait les cent pas sur le mur.
Un long doigt de brouillard
Gouaché de parfum
Viens prendre possession de mon suicide
Connaître l’offense de la mort agitée de vers ?
Si les morts pouvaient contempler leurs têtes
après quarante jours de silence…
Ivre, il faut vivre ivre !
- Poème de Jean-Louis MILLET, extrait de Les Dits d’un Silence. Sculpture poétique sur des poèmes de Joyce Mansour.
Sur les eaux basses du pur ennui
Celui qui inventa l’ombre avant la lumière
Je sème les yeux à tous les vents
Au trou de la serrure de la porte qui n’existe pas
Minuit à perte de vue
Oeillade de la lune sur la soie d’un paysage blanc
Entre le cœur et l’éclair
Pénétrer l’avenir par le toit…
Sur des protons épileptiques
Ma chanson roule vers l’exil
La matière informe d’une petite insomnie
Cancer mythique du temps passé
Le jour blafard fait les cent pas sur le mur.
Un long doigt de brouillard
Gouaché de parfum
Viens prendre possession de mon suicide
Connaître l’offense de la mort agitée de vers ?
Si les morts pouvaient contempler leurs têtes
après quarante jours de silence…
Ivre, il faut vivre ivre !
- Poème de Jean-Louis MILLET, extrait de Les Dits d’un Silence. Sculpture poétique sur des poèmes de Joyce Mansour.
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Poésie
jeudi 22 septembre 2011
Nos cavernes intérieures
Nos lointains ancêtres vivaient dans des cavernes, des grottes naturelles taillées dans le roc, afin de se protéger des intempéries et des bêtes féroces. On les appelait d’ailleurs « les hommes des cavernes ». La découverte du feu leur a permis de rendre ces lieux habitables, en les éclairant et les réchauffant. La vie était cependant très difficile pour ces êtres primitifs.
Puis les hommes ont évolué. Ils sont sortis des cavernes, ont construit des habitations rudimentaires, puis de plus en plus sophistiquées. De découverte en découverte, ils sont parvenus à créer nos sociétés modernes. L’évolution a permis à l’homme de sortir des cavernes extérieures, mais elle ne l’a pas libéré de ses cavernes intérieures que sont la peur, l’angoisse, le découragement, le désespoir, la dépression, les phobies, les troubles de comportement, etc.
Nos ancêtres préhistoriques se servaient des cavernes comme abris temporaires, alors que beaucoup de gens se servent de leurs cavernes intérieures comme refuges permanents. Nos ancêtres maniaient le feu et le silex pour assurer leur survie physique, alors que plusieurs se servent de la manipulation pour assurer leur survie affective. Les cavernes extérieures étaient des petits domaines où régnaient les plus forts ; les cavernes intérieures, tels la dépression et les autres problèmes de comportement, forment des royaumes où certains ont l’impression de régner en maître.
Les personnes dépressives, dépendantes affectives, etc. sont enfermées dans leur caverne intérieure où elles ressentent une certaine sécurité. Ce sont elles qui décident ! Elles n’ont pas à répondre aux attentes des autres. Il y a des inconvénients, certes, mais il y a aussi de nombreux avantages, dont les principaux sont : l’irresponsabilité et la non-obligation d’affronter les difficultés de la vie. Ces deux avantages sont les pierres angulaires des cavernes affectives modernes.
Certaines personnes semblent douées pour le bonheur alors que d’autres semblent marquées au fer rouge du malheur. Pourquoi la vie est-elle si facile pour certains et si difficile pour d’autres ? Qu’est-ce qui fait que des personnes sont des fonceuses et d’autres des éternelles perdantes ? Ces personnes auraient-elles perdu contact avec les éléments majeurs qui donnent un sens à la vie ? Cet espoir, qui constitue la lumière, les guide-t-il dans le bon chemin ?
L’espoir
L’espoir est un sentiment de confiance qui nous porte à considérer ce que nous attendons comme réalisable. Il est construit sur la conviction que quelque chose de beau, de bien, de positif va nous arriver. L’espoir constitue une aspiration, un élan, une poussée vers l’avant. Il est le moteur de la vie !
L’espoir apporte la sécurité, car il fait disparaître les doutes, les craintes. Il donne confiance, raffermit dans les résolutions. Malheureusement, à l’heure actuelle, l’espoir fait place à l’incertitude, le découragement, la désillusion et même le désespoir. Pourquoi en sommes-nous venus à perdre l’espoir d’une vie meilleure ? Pourquoi tant de gens ont-ils perdu foi en l’avenir ?
La satisfaction
L’espoir nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour avancer dans la vie. Pour s’installer, il doit être alimenté par un élément très simple qui s’appelle la satisfaction. La satisfaction procure la joie de vivre. Quand on est satisfait, on est heureux ! Nous ressentons du plaisir et un immense bien-être.
Il y a la satisfaction intérieure qui nous apporte un sentiment de plénitude. Elle est générée par la fierté que nous avons d’avoir accompli quelque chose de beau, de bien ; par la prise de conscience de nos forces et nos qualités : « J’ai accompli cela et j’en suis fier ».
Et il y a la satisfaction extérieure, celle qui procure un plaisir temporaire, soit un besoin à assouvir d’une façon ou d’une autre. Nous pouvons générer cette satisfaction de l’intérieur, ou la prendre à l’extérieur de nous. C’est une chose dont nous avons besoin pour vivre. Cette chose n’est pas nécessairement de grande valeur ; elle est utile, tout simplement.
Conclusion
L’espoir et la satisfaction constituent l’énergie qui nous permet d’aller de l‘avant. Sans énergie, aucun moteur ne peut se mettre en marche. Il en va de même pour nous, humains ! S’il n’y a pas d’espoir, nous stagnons ou nous régressons. S’il n’y a pas de satisfaction, il n’y a pas de bonheur possible.
À lire :
Reid, Louise, Le nouvel âge… des cavernes : les refuges de l’anxiété, Outremont : Quebecor, 2005
Puis les hommes ont évolué. Ils sont sortis des cavernes, ont construit des habitations rudimentaires, puis de plus en plus sophistiquées. De découverte en découverte, ils sont parvenus à créer nos sociétés modernes. L’évolution a permis à l’homme de sortir des cavernes extérieures, mais elle ne l’a pas libéré de ses cavernes intérieures que sont la peur, l’angoisse, le découragement, le désespoir, la dépression, les phobies, les troubles de comportement, etc.
Nos ancêtres préhistoriques se servaient des cavernes comme abris temporaires, alors que beaucoup de gens se servent de leurs cavernes intérieures comme refuges permanents. Nos ancêtres maniaient le feu et le silex pour assurer leur survie physique, alors que plusieurs se servent de la manipulation pour assurer leur survie affective. Les cavernes extérieures étaient des petits domaines où régnaient les plus forts ; les cavernes intérieures, tels la dépression et les autres problèmes de comportement, forment des royaumes où certains ont l’impression de régner en maître.
Les personnes dépressives, dépendantes affectives, etc. sont enfermées dans leur caverne intérieure où elles ressentent une certaine sécurité. Ce sont elles qui décident ! Elles n’ont pas à répondre aux attentes des autres. Il y a des inconvénients, certes, mais il y a aussi de nombreux avantages, dont les principaux sont : l’irresponsabilité et la non-obligation d’affronter les difficultés de la vie. Ces deux avantages sont les pierres angulaires des cavernes affectives modernes.
Certaines personnes semblent douées pour le bonheur alors que d’autres semblent marquées au fer rouge du malheur. Pourquoi la vie est-elle si facile pour certains et si difficile pour d’autres ? Qu’est-ce qui fait que des personnes sont des fonceuses et d’autres des éternelles perdantes ? Ces personnes auraient-elles perdu contact avec les éléments majeurs qui donnent un sens à la vie ? Cet espoir, qui constitue la lumière, les guide-t-il dans le bon chemin ?
L’espoir
L’espoir est un sentiment de confiance qui nous porte à considérer ce que nous attendons comme réalisable. Il est construit sur la conviction que quelque chose de beau, de bien, de positif va nous arriver. L’espoir constitue une aspiration, un élan, une poussée vers l’avant. Il est le moteur de la vie !
L’espoir apporte la sécurité, car il fait disparaître les doutes, les craintes. Il donne confiance, raffermit dans les résolutions. Malheureusement, à l’heure actuelle, l’espoir fait place à l’incertitude, le découragement, la désillusion et même le désespoir. Pourquoi en sommes-nous venus à perdre l’espoir d’une vie meilleure ? Pourquoi tant de gens ont-ils perdu foi en l’avenir ?
La satisfaction
L’espoir nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour avancer dans la vie. Pour s’installer, il doit être alimenté par un élément très simple qui s’appelle la satisfaction. La satisfaction procure la joie de vivre. Quand on est satisfait, on est heureux ! Nous ressentons du plaisir et un immense bien-être.
Il y a la satisfaction intérieure qui nous apporte un sentiment de plénitude. Elle est générée par la fierté que nous avons d’avoir accompli quelque chose de beau, de bien ; par la prise de conscience de nos forces et nos qualités : « J’ai accompli cela et j’en suis fier ».
Et il y a la satisfaction extérieure, celle qui procure un plaisir temporaire, soit un besoin à assouvir d’une façon ou d’une autre. Nous pouvons générer cette satisfaction de l’intérieur, ou la prendre à l’extérieur de nous. C’est une chose dont nous avons besoin pour vivre. Cette chose n’est pas nécessairement de grande valeur ; elle est utile, tout simplement.
Conclusion
L’espoir et la satisfaction constituent l’énergie qui nous permet d’aller de l‘avant. Sans énergie, aucun moteur ne peut se mettre en marche. Il en va de même pour nous, humains ! S’il n’y a pas d’espoir, nous stagnons ou nous régressons. S’il n’y a pas de satisfaction, il n’y a pas de bonheur possible.
À lire :
Reid, Louise, Le nouvel âge… des cavernes : les refuges de l’anxiété, Outremont : Quebecor, 2005
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St-Louis (Jean-Claude)
mardi 30 août 2011
Accent
Wikipédia définit l’accent comme « une particularité de diction d’un locuteur dans une langue donnée. » Il serait propre à une région ou un milieu social et pourrait se caractériser par des altérations du débit, de la prononciation et de l’intonation.
L’accent est en quelque sorte la couleur du langage : il n’est un élément langagier ni négatif ni positif. En conséquence, à l’instar de la provenance géographique d’un individu, il serait parfaitement idiot d’en tirer avantage. Après tout, tout comme on ne choisit pas l’endroit où l’on nait, on ne choisit pas son accent non plus. On l’a, c’est tout et, quoiqu’on fasse, il est à peu près impossible de l’étouffer à jamais. Cela dit, rien n’empêche qu’on puisse le moduler en fonction du lieu où on a élu domicile. Chez un Québécois qui vit en France depuis quelques années, on constate forcément une certaine transformation dans sa manière de parler. Tout comme le Français qui vit au Québec. Pour nous, il a toujours l’accent français mais, quand il retourne en France, on s’accorde à lui trouver un accent québécois. En fait, avec les années, il finit par adopter, bien malgré lui, un accent hybride qui ne ressemble plus à rien, peu importe où il va. Bien entendu, ce phénomène s’applique aussi à toute personne qui pratique une langue étrangère, ce qui donne à cette langue d’emprunt une couleur particulière, que d’aucuns trouvent charmant.
Il ne faut pas confondre l’accent et le parler local qu’on appelle – souvent faussement – le patois (dans les faits, certains patois sont de véritables langues qui, pour toutes sortes de raison, s’éteignent doucement…). L’accent porte sur la façon de prononcer les mots, par sur les mots eux-mêmes.
Se moquer de l’accent de l’autre est une attitude indigne d’un homme accompli. Cela revient à se moquer d’une infirmité, d’un handicap, bref de ce dont on ne peut changer – même si l’accent peut se moduler comme je l’ai mentionné ci-dessus. En écrivant ces mots, il me revient en mémoire une émission à la télévision d’État au cours de laquelle une animatrice se moquait ouvertement d’une chanteuse québécoise qui vivait en France depuis quelques années. Elle s’amusait à lui faire prononcer des mots québécois. Même si la chanteuse se prêtait de bonne grâce à cet exercice destiné à faire rire les imbéciles, il était visible qu’elle se sentait mal-à-l’aise. (Je me demande encore aujourd’hui pourquoi elle n’a pas quitté le studio, comme d’autres l’ont déjà fait en pareille circonstance.) À ce moment-là, je me souviens d’avoir eu honte de l’accueil réservé à cette auteure-compositeure-interprète qui, par la suite, n’est d’ailleurs plus revenue chez nous, pas souvent à tout le moins. Quant à l’animatrice de télévision, elle pratique toujours ce métier débile, animant des émissions de plus en plus stupides, sur un autre réseau.
- Billet de Daniel Ducharme
L’accent est en quelque sorte la couleur du langage : il n’est un élément langagier ni négatif ni positif. En conséquence, à l’instar de la provenance géographique d’un individu, il serait parfaitement idiot d’en tirer avantage. Après tout, tout comme on ne choisit pas l’endroit où l’on nait, on ne choisit pas son accent non plus. On l’a, c’est tout et, quoiqu’on fasse, il est à peu près impossible de l’étouffer à jamais. Cela dit, rien n’empêche qu’on puisse le moduler en fonction du lieu où on a élu domicile. Chez un Québécois qui vit en France depuis quelques années, on constate forcément une certaine transformation dans sa manière de parler. Tout comme le Français qui vit au Québec. Pour nous, il a toujours l’accent français mais, quand il retourne en France, on s’accorde à lui trouver un accent québécois. En fait, avec les années, il finit par adopter, bien malgré lui, un accent hybride qui ne ressemble plus à rien, peu importe où il va. Bien entendu, ce phénomène s’applique aussi à toute personne qui pratique une langue étrangère, ce qui donne à cette langue d’emprunt une couleur particulière, que d’aucuns trouvent charmant.
Il ne faut pas confondre l’accent et le parler local qu’on appelle – souvent faussement – le patois (dans les faits, certains patois sont de véritables langues qui, pour toutes sortes de raison, s’éteignent doucement…). L’accent porte sur la façon de prononcer les mots, par sur les mots eux-mêmes.
Se moquer de l’accent de l’autre est une attitude indigne d’un homme accompli. Cela revient à se moquer d’une infirmité, d’un handicap, bref de ce dont on ne peut changer – même si l’accent peut se moduler comme je l’ai mentionné ci-dessus. En écrivant ces mots, il me revient en mémoire une émission à la télévision d’État au cours de laquelle une animatrice se moquait ouvertement d’une chanteuse québécoise qui vivait en France depuis quelques années. Elle s’amusait à lui faire prononcer des mots québécois. Même si la chanteuse se prêtait de bonne grâce à cet exercice destiné à faire rire les imbéciles, il était visible qu’elle se sentait mal-à-l’aise. (Je me demande encore aujourd’hui pourquoi elle n’a pas quitté le studio, comme d’autres l’ont déjà fait en pareille circonstance.) À ce moment-là, je me souviens d’avoir eu honte de l’accueil réservé à cette auteure-compositeure-interprète qui, par la suite, n’est d’ailleurs plus revenue chez nous, pas souvent à tout le moins. Quant à l’animatrice de télévision, elle pratique toujours ce métier débile, animant des émissions de plus en plus stupides, sur un autre réseau.
- Billet de Daniel Ducharme
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Ducharme (Daniel),
Le Petit Albert
lundi 22 août 2011
À bout de souffle
Les intrigants d’ici tuent la paix de leur souffle
Moi à l’attendre en vain encore je m’essouffle
Mais je la convoiterai jusqu’à mon dernier soupir,
Jusqu’à mon ultime inspiration pour ne pas voir le pire.
Aujourd’hui, frustré, déçu, lassé, à bout de souffle
Je regarde ce pays qui est le mien moisir et croupir,
Dirigé par des gredins sans vergogne, des maroufles
Qui embrigadent et soumettent les sots à leur empire.
Où êtes-vous, combattants d’hier, opposants aux écoufles,
Face à la corruption aujourd’hui je vous vois s’accroupir,
Vous êtes devenus des révolutionnaires en pantoufles,
Votre courage est au rebut et vos mains dans les moufles.
Vous – et moi – qu’une totale indifférence emmitoufle,
Qu’attendez-vous pour réaliser ce que demain camoufle ?
Aidez-moi à trouver enfin cette paix à laquelle j’aspire,
Dans la résignation et le renoncement, cessons de nous tapir.
Aujourd’hui, frustré, déçu, lassé, à bout de souffle
Je regarde ce pays qui est le mien moisir et croupir,
Dirigé par des gredins sans vergogne, des maroufles
Qui embrigadent et soumettent les sots à leur empire.
– Poème de Michaël Adam
Moi à l’attendre en vain encore je m’essouffle
Mais je la convoiterai jusqu’à mon dernier soupir,
Jusqu’à mon ultime inspiration pour ne pas voir le pire.
Aujourd’hui, frustré, déçu, lassé, à bout de souffle
Je regarde ce pays qui est le mien moisir et croupir,
Dirigé par des gredins sans vergogne, des maroufles
Qui embrigadent et soumettent les sots à leur empire.
Où êtes-vous, combattants d’hier, opposants aux écoufles,
Face à la corruption aujourd’hui je vous vois s’accroupir,
Vous êtes devenus des révolutionnaires en pantoufles,
Votre courage est au rebut et vos mains dans les moufles.
Vous – et moi – qu’une totale indifférence emmitoufle,
Qu’attendez-vous pour réaliser ce que demain camoufle ?
Aidez-moi à trouver enfin cette paix à laquelle j’aspire,
Dans la résignation et le renoncement, cessons de nous tapir.
Aujourd’hui, frustré, déçu, lassé, à bout de souffle
Je regarde ce pays qui est le mien moisir et croupir,
Dirigé par des gredins sans vergogne, des maroufles
Qui embrigadent et soumettent les sots à leur empire.
– Poème de Michaël Adam
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Adam (Michaël),
Poésie
jeudi 9 juin 2011
Livres numériques
Revue non exhaustive des sites de téléchargement de livres numériques libres de droit.
FEEDBOOKS. Sur ce site vous pouvez accéder à des milliers de titres libres de droit et ce, en quatre formats : ePub, Kindle, PDF et Mobipocket. Sur la page d’accueil, vous n’avez qu’à cliquer sur l’onglet « domaine public » pour ensuite, si vous le désirez, affiner votre recherche par auteur ou par catégorie. En général, les ebooks en provenance de ce site sont de bonne qualité. Pour cette raison, je vous recommande de l’inscrire dans vos marques-pages.
BIBLIOTHÈQUE ÉLECTRONIQUE DU QUÉBEC. Ce site est en quelque sorte un pionnier dans la promotion du livre numérique libre de droit. Il compte environ 2500 titres en différents formats : ePub, Mobipocket, eReader, PDF, etc. Puisque le projet repose sur le travail de la communauté, tous les ebooks ne sont pas aussi bien faits que sur Feedbooks.
LIVRES ET EBOOKS. Dans le même esprit que le précédent, ce site propose en téléchargement 4500 oeuvres du domaine public. La plupart des titres sont offerts en format PDF avec une variante pour téléphones mobiles.
IN LIBRO VERITAS. Voici un site qui se distingue des autres en offrant un grand nombre de documentaires, c’est-à-dire d’œuvres scientifiques et techniques. En plus des livres numériques libres de droit, les auteurs peuvent offrir librement leurs œuvres. On peut alors faire un don si on le souhaite.
PROJECT GUTENBERG. On peut aussi trouver pas mal de bouquins – avec une mise en page qui laisse parfois à désirer, toutefois – dans la section francophone du Project Gutenberg, un projet de numérisation initié à Chicago au début des années 1971 par Michael Hart. Ce site offre aux lecteurs des milliers de livres en différents formats : HTML, txt, RTF et, bien entendu, ePub.
GOOGLE BOOKS. Un projet qui se passe de présentation et que vous trouverez sans problème en cliquant sur l’onglet « livres » de votre fureteur.
– Billet de Daniel Ducharme
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BIBLIOTHÈQUE ÉLECTRONIQUE DU QUÉBEC. Ce site est en quelque sorte un pionnier dans la promotion du livre numérique libre de droit. Il compte environ 2500 titres en différents formats : ePub, Mobipocket, eReader, PDF, etc. Puisque le projet repose sur le travail de la communauté, tous les ebooks ne sont pas aussi bien faits que sur Feedbooks.
LIVRES ET EBOOKS. Dans le même esprit que le précédent, ce site propose en téléchargement 4500 oeuvres du domaine public. La plupart des titres sont offerts en format PDF avec une variante pour téléphones mobiles.
IN LIBRO VERITAS. Voici un site qui se distingue des autres en offrant un grand nombre de documentaires, c’est-à-dire d’œuvres scientifiques et techniques. En plus des livres numériques libres de droit, les auteurs peuvent offrir librement leurs œuvres. On peut alors faire un don si on le souhaite.
PROJECT GUTENBERG. On peut aussi trouver pas mal de bouquins – avec une mise en page qui laisse parfois à désirer, toutefois – dans la section francophone du Project Gutenberg, un projet de numérisation initié à Chicago au début des années 1971 par Michael Hart. Ce site offre aux lecteurs des milliers de livres en différents formats : HTML, txt, RTF et, bien entendu, ePub.
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– Billet de Daniel Ducharme
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Ducharme (Daniel),
Lecture numérique
vendredi 20 mai 2011
Organiser sa bibliothèque avec Calibre
Avant de vous proposer un modèle de liseuse adapté à vos besoins, vous devez passer par une première étape qui, à mon avis, s’avère pratiquement incontournable : l’organisation de votre bibliothèque sur votre ordinateur. En effet, trop de gens arrivent à la maison avec une Kobo ou une Sony sans savoir ce qu’ils vont mettre dedans. Et là ils peinent à comprendre la logique des librairies affiliées à ces fabricants. Ensuite, ils finissent par délaisser leur appareil pour retourner à la librairie de leur quartier qui, par ailleurs, est sur le point de fermer ses portes...
Avant toute chose, vous montez votre bibliothèque et, pour ce faire, vous vous rendez sur le site de Calibre E-book management. Une fois sur le site, vous téléchargez en cliquant sur l’onglet bleu "Dowload Calibre", puis sur "Windows" s’il s’agit bien du système d’exploitation de votre ordinateur. L’interface de Calibre et son manuel d’utilisation sont en anglais, mais le logiciel supporte de nombreuses langues, dont le français. Bon, une fois le fichier téléchargé, vous l’installez en double cliquant dessus.
Une fois le logiciel installé, vous l’ouvrez... Calibre est un logiciel libre, certes, mais très sophistiqué. Il permet non seulement de charger les ebooks (onglet : "Ajouter des livres") qui se trouvent sur le disque dur de votre ordinateur, mais également de les décrire et de les classer (onglet : "Modifier les métadonnées"). Ainsi vous aurez la certitude que vos auteurs préférés seront tous nommés de la même manière. Par exemple, vous n’aurez pas ce genre de confusion qui se produit immanquablement quand on laisse faire les autres au lieu de faire soi-même : Berger, Allan Erwan / Allan E. Berger / Allan Erwan Berger / Erwan Berger...
Vous gardez le contrôle d’autorité sur les auteurs et les titres de votre bibliothèque. Par ailleurs, vous attribuez vous-mêmes les étiquettes de vos livres : romans français, romans québécois, romans policiers, philosophie, etc. Chez Calibre, une étiquette correspond à une catégorie ou à une collection. Dans les écosystèmes de la Sony eReader et du Kindle d’Amazon, l’étiquette correspond à la collection et, dans celui de Kobo, aux "étagères". Bref, vous organisez votre bibliothèque comme vous l’entendez, comme vous le faites vous-mêmes pour vos livres papier.
Calibre permet beaucoup plus que la description et le classement de vos livres numériques. Il permet aussi de les convertir, notamment, mais de cela nous parlerons plus tard.
Bon, vous avez apprivoisé Calibre ?
– Billet de Daniel Ducharme
Avant toute chose, vous montez votre bibliothèque et, pour ce faire, vous vous rendez sur le site de Calibre E-book management. Une fois sur le site, vous téléchargez en cliquant sur l’onglet bleu "Dowload Calibre", puis sur "Windows" s’il s’agit bien du système d’exploitation de votre ordinateur. L’interface de Calibre et son manuel d’utilisation sont en anglais, mais le logiciel supporte de nombreuses langues, dont le français. Bon, une fois le fichier téléchargé, vous l’installez en double cliquant dessus.
Une fois le logiciel installé, vous l’ouvrez... Calibre est un logiciel libre, certes, mais très sophistiqué. Il permet non seulement de charger les ebooks (onglet : "Ajouter des livres") qui se trouvent sur le disque dur de votre ordinateur, mais également de les décrire et de les classer (onglet : "Modifier les métadonnées"). Ainsi vous aurez la certitude que vos auteurs préférés seront tous nommés de la même manière. Par exemple, vous n’aurez pas ce genre de confusion qui se produit immanquablement quand on laisse faire les autres au lieu de faire soi-même : Berger, Allan Erwan / Allan E. Berger / Allan Erwan Berger / Erwan Berger...
Vous gardez le contrôle d’autorité sur les auteurs et les titres de votre bibliothèque. Par ailleurs, vous attribuez vous-mêmes les étiquettes de vos livres : romans français, romans québécois, romans policiers, philosophie, etc. Chez Calibre, une étiquette correspond à une catégorie ou à une collection. Dans les écosystèmes de la Sony eReader et du Kindle d’Amazon, l’étiquette correspond à la collection et, dans celui de Kobo, aux "étagères". Bref, vous organisez votre bibliothèque comme vous l’entendez, comme vous le faites vous-mêmes pour vos livres papier.
Calibre permet beaucoup plus que la description et le classement de vos livres numériques. Il permet aussi de les convertir, notamment, mais de cela nous parlerons plus tard.
Bon, vous avez apprivoisé Calibre ?
– Billet de Daniel Ducharme
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