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samedi 22 février 2025

L'étude des grands maîtres

« Lisez les oeuvres des grands maîtres de la vie, essayez de saisir le sens profond de leurs paroles, forgez-vous une conviction sur le sens que vous voulez donner à votre vie, n'ayez pas la naïveté de croire que vous pouvez vous dispenser de maîtres, de guides et de modèles, et que vous trouverez, l'espace d'une vie, ce que les grands de l'humanité ont découvert en des milliers d'années, édifiant toujours leurs travaux sur l'héritage des prédécesseurs. »

– Erich Fromm, L'art d'être, Paris : Desclée de Bouwer, 2000, p. 29

mercredi 24 janvier 2007

Le scepticisme pyrrhonien

Chez le sceptique pyrrhonien, la « suspension du jugement » est le terme de la recherche. Le sceptique, après avoir suspendu son jugement, a-t-il encore le souci de poursuivre la recherche et l’examen ? S’il suspend son jugement, peut-il décider sur les choses ? Comment l’échec de la raison peut-il être valorisé ?

À y regarder de près, il semble évident que la « suspension du jugement », cet état d’incertitude et d’incapacité, est un constat d’échec et recouvre un aspect négatif. Mais elle peut revêtir un tout autre visage. Il n’est qu’à souligner, sur ce point, ce que des penseurs des siècles ultérieurs (Montaigne, Pascal et Hume) ont dit à ce propos.

Pour Montaigne (1533-1592), cette « perpétuelle confession d’ignorance », ce « jugement sans pente ni inclinaison » ouvre des chemins qui mènent à la foi. La suspension du jugement est aussi valorisée parce qu’elle est la condition de possibilité d’une vie tranquille et bienheureuse, exempte des agitations que nous recevons par l’impression de l’opinion et de la science que nous pensons avoir des choses.

Pour Pascal (1623-1663), ce qui fait la grandeur de l’homme, c’est justement la reconnaissance de sa misère. « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable ».

Le scepticisme pyrrhonien (que l’on désigne également par « pyrrhonisme »), dans l’expression de sa reconnaissance de la faiblesse humaine, apparaît pour Pascal un remède à la vanité des hommes (vanité qui les rend bêtes).

David Hume (1711-1776), dans son enquête sur l’entendement humain, concède qu’il y a parfois égale force des contraires en ce qui se rapporte aux faits. « Le contraire d’un fait quelconque est toujours possible car il n’implique pas contradiction et l’esprit le conçoit aussi facilement et aussi distinctement que s’il concordait pleinement avec la réalité ». Comme Pascal, le scepticisme lui semble conduire au discernement de l’aveuglement et de la faiblesse humaine. Même la plus parfaite philosophie morale ou métaphysique « sert seulement à découvrir que notre ignorance s’étend à des domaines plus vastes ». Il y a chez lui une valorisation de la « suspension du jugement » en vue de prévenir les hommes contre l’arrogance impardonnable des dogmatismes et du danger des déterminations hâtives. « Le meilleur expédient pour prévenir cette confusion est de rester modeste dans nos prétentions, et même de découvrir nous-mêmes la difficulté avant qu’on nous l’objecte. De cette manière, nous pouvons nous faire une sorte de mérite de notre ignorance même ». « Nous aurons du moins, par ce moyen, le sentiment de notre ignorance si nous n’augmentons pas notre connaissance ».

L’essence du scepticisme pyrrhonien s’exprime dans son relativisme. Les choses apparaissent relatives à quelque chose, soit relatives à celui qui juge (le sujet), soit relatives à ce qui accompagne l’observation de la chose (distance, lieu, situation). Le défaut des sens rend difficile, sinon impossible, d’accéder aux choses dans toute leur simplicité. Il entraîne une imperfection de l’entendement humain « puisque les sens qui sont ses guides, se trompent ». Et même si nous pouvons percevoir la chose telle qu’elle se présente, nous n’accéderons finalement qu’aux « mélanges extérieurs propres à l’objet ». La fréquence et la rareté de l’apparition font voir la relativité de nos représentations. Le soleil peut apparaître plus effrayant qu’une comète mais, par sa fréquence, nous n’en ressentons aucune crainte, ce qui est l’inverse dans le second cas (l’apparition d’une comète).

Pour le sceptique pyrrhonien, toutes les représentations sont relatives, la négation du relatif est elle-même affirmation du relatif et l’absolu mène au relatif (en ce sens qu’il est lui-même relatif à quelque chose).

« Tout est relatif à quelque chose, par exemple à celui qui juge : chaque chose apparaît relative à cet animal, à cet homme, à ce sens selon telle circonstance, et à ce qui accompagne l’observation de la chose : chaque chose apparaît avec le mélange, de cette manière, dans cette composition, sous cette quantité, avec cette position ». [2]

Ce relativisme exprime le « subjectivisme relatif » du scepticisme pyrrhonien. « C’est au sujet que telle apparence déterminée est relative » [3]. Ce subjectivisme se couple d’un certain réalisme, puisqu’il y a reconnaissance de la relation des choses entre elles ou des objets entre eux. En fait, le réel « réside dans la relation ». [1]

L’orientation sceptique consiste à ne s’attacher qu’aux apparences, à cette « fluidité des phénomènes » qui provient du fait que nous n’avons des choses que des impressions relatives. Mais il convient d’ajouter que le phénomène n’est pas qu’une représentation relative aux sens et au sujet connaissant. Il est plus que cela. Il est une réalité physique, matérielle, qui se maintient dans la sphère du relatif. [1]

Le sceptique pyrrhonien soutient que nous ne pouvons nous prononcer sur la nature « indivisible » des choses car nous ignorons les principes derniers, les pouvoirs cachés de la nature qui les sous-tendent. Comme le mentionne Hume, « qui affirmera qu’il peut donner la raison dernière pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme comme nourriture et non à un lion ou à un tigre ».

Dans ce contexte de relativisme et de « phénoménisme », il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses.

***

Pyrrhon d’Élis (360-270 av. J.-C.) est le créateur du scepticisme pyrrhonien (pyrrhonisme). Agnostique présumé, « il s’abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu’une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l’existence de toute chose, disait que nos actions étaient dictées par les habitudes et les conventions et n’admettait pas qu’une chose soit, en elle-même, plutôt ceci que cela ».

Les académiciens sceptiques admettent des conclusions sensiblement similaires à celles des sceptiques pyrrhoniens. L’argument fondamental des académiciens sceptiques est exprimé en ces termes par Cicéron (106-43 av. J.-C.) : « Je pense, en effet, que rien ne peut être perçu ». Cet argument trouve un échos dans le principe d’Épicure (341-270 av. J.-C.) : « Si une seule représentation sensible est fausse, rien ne peut être perçu. » Si les académiciens sceptiques n’admettent aucun critère de certitude, ils favorisent cependant un certain probabilisme à l’égard des choses : « cette théorie du probable, théorie commode, dégagée et libre, qui ne s’embarrasse pas de difficultés ». En proclamant la théorie du probable, les académiciens sceptiques marquent le point crucial de rupture avec le pyrrhonisme. Ce terme de « rupture » n’indique toutefois pas un lien de filiation entre ces deux types de scepticisme mais plutôt un désaccord à l’égard de cette problématique.

– Texte de Chartrand Saint-Louis

Références:

Cicéron, Premiers académiques, II; trad. Émile Bréhier. Paris : Gallimard, 1962 (coll. La Pléiade)

[1] Dumont, J.P., Le scepticisme et le phénomène, Paris : Librairie J. Vrin, 1972, 239 p.

[2] Empiricus, Sextus, Les esquisses pyrrhoniennes ou hypotyposes; trad. par Geneviève Goron. Livre premier. Paris : Aubien-Montaigne, pp. 157-211.

[3] Festugière, André-Jean, Épicure et ses Dieux, Paris : Presses universitaires de France, 1985, c1946, 132 p.

Hume, David, Enquête sur l’entendement humain, Paris : Flammarion, 1993, c1983, 252 p.

Montaigne, Michel de, Apologie de Raimond Sebond, Paris : Gallimard, 1967, 372 p.

Pascal, Blaise, Pensées, Paris : Le Livre de poche, 2000

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Passage cité dans un document diffusé sur le site Academia.edu:

"Ces dernières affirmations nous font penser à un certain athéisme sceptique – ou bien plutôt au scepticisme pyrrhonien tout court, cet apanage fondamental de la modernité qui suppose relativisme, phénoménisme, reconnaissance du doute comme réalité insurmontable, qui, n’allant pas jusqu’au nihilisme, se maintient comme principe constructif de toute quête intellectuelle et de toute action; le doute pyrrhonien relativise non pas nécessairement l’absolu lui-même, mais plutôt la possibilité de sa possession. D’où, comme le dit Chartrand Saint-Louis dans un article électronique, « il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses ».
- Hărșan, Ramona, André Gide : La Morale de l’Immoraliste, Academia, p. 102

dimanche 12 juin 2005

Le nominalisme

Aborder le courant nominaliste du XIIe siècle, c’est principalement s’attacher à la polémique entourant les universaux et aux solutions proposées : le nominalisme, le réalisme et le conceptualisme.

La querelle des universaux impliquait fondamentalement un questionnement sur la réalité ontologique des universaux, c’est-à-dire des concepts généraux. Pour les nominalistes, les concepts généraux ne sont que des noms et n’ont aucune réalité. Ils n’existent, pour eux, que des signes généraux.

Qui sont les protagonistes de cette polémique ? Celui qui mérite une attention particulière est Roscelin (fin XIe-début XIIe siècle), fondateur du nominalisme. Viennent ensuite Anselme de Laon (1033-1109), réaliste convaincu qui prit position dans le débat en attaquant la position de Roscelin; Guillaume de Champeaux (mort en 1121), élève de Roscelin ; Abélard (1079-1142) et Jean de Salisbury (1110-1180), pour ne mentionner que les plus importants.

Nous attacherons davantage d’importance, dans notre courte bibliographie, à Abélard (élève de Roscelin et de Guillaume de Champeaux), puisque c’est le personnage sur lequel on s’est le plus penché. Il a pris position d’une façon originale, dans le débat, en développant une logique des termes et des propositions. Tantôt nominaliste, tantôt conceptualiste, il s’est beaucoup inspiré de l’interprétation boéthienne de la logique d’Aristote.

ABÉLARD. LE DIALOGUE. LA PHILOSOHPIE DE LA LOGIQUE. Par Maurice de Gandillac, Jean Jolivet, Guido Küng, Alain de Liberia, Sofia Vanni Rovighi (Cahiers de la revue de théologie et de philosophie, 6). Lausanne, Revue de théologie et de philosophie, 1981, iv-131 p.

Ouvrage collectif dirigé par de grands spécialistes de la philosophie médiévale. Publié sous de très bonne presse. Ouvrage qui fait part des recherches sur Abélard et la question des universaux. L’importance de l’ouvrage tient à la qualité des articles qui s’y retrouvent. Par exemple : Vanni, Rovighi Sofia. "Intentionnel et universel chez Abélard", p. 21-8 ; Jolivet, Jean. "Abélard et Guillaume d’Ockam, lecteurs de Porphyre", p. 31-54 ; De Liberia, Alain. "Abélard et le dictisme", p. 59-92 ; Küng, Guido. "Abélard et ses vues actuelles sur la question des universaux", p. 99-113.

ABÉLARD EN SON TEMPS. Actes du colloque international organisé à l’occasion du 9e centenaire de la naissance de Pierre Abélard (14-19 mai 1979). Paris : Les Belles Lettres, 1981, 240 p.

Ouvrage collectif dirigé par Jean Jolivet, important médiéviste français, qui contient, comme articles importants, son texte sur le "non-réalisme et platonisme chez Abélard" (p. 175-195) et celui de Paul Vignaux ("note sur le nominalisme", p. 523-529).

Paul Vignaux mentionne, en ce qui concerne l’article de Jean Jolivet, qu’il s’inspire de ce dernier pour désigner la thèse nominaliste comme un "non-réalisme", "heureuse expression de M. Jolivet" (p. 524)


ABELARD, Peter. Opera Omnia. Accurante J.P. Migne. Paris, 1885, vol. 176.

La compilation de Migne est l’une des plus valables en ce qui concerne les sources primaires (textes originaux). Cet ouvrage est, selon R.T. De George, "the most complete collection available, but should be used with later, critical editions when possible.". Malgré cette réserve, cet ouvrage peut être d’une grande utilité pour la connaissance de la doctrine abélardienne en regard des universaux.

BEONIO-BROCCHIERI FUMAGALLI, M.T. The logic of Abelard. Dordrecht-Holland, D. Reidel publishing cie, c1970, 99 p.

Ouvrage embrassant la polémique des universaux et l’importance de la position de Pierre Abélard dans l’histoire de la logique.

Le "Philosopher’s index" en donne le commentaire suivant : "The premise of the author is "to illustrate not only the interest of Abelardian dialectic techniques ... but also and above all, the importance of his total attitude toward the "scientia scientiarum" ...".


CARRE, M.H. Realists and nominalists. London, 1946.

L’auteur consacre une grande partie de son analyse à Pierre Abélard et au problème des universaux (plus particulièrement sur les origines et les bases du réalisme et du nominalisme). Les chapitres les plus éloquents sont les suivants : chapitre II : Roscelin et le nominalisme ; chapitre V: Le rejet du nominalisme (chez Abélard) et le chapitre VIII : Abélard et le conceptualisme.

L’Encyclopedia of philosophy ( Edwards, Paul, ed., MacMillan company & The Free Press ; London, Collier-MacMillan, 1967, 8 v.) en donne le commentaire suivant : "A more detailed discussion of the four key figures in the dispute between realism and nominalism."


CHENU, M.D. "Cur homo ? Le sous-sol d’une controverse au XIIe s.". Mélanges des sciences religieuses, Lille, 1953 (10), p. 195-204.

CHENU, M.D. "Un cas de platonisme grammatical au XIIe s. (Bernard de Chartres). Revue des sciences philosophiques et théologiques, Le Saulchoir, Paris, 1967 (51), p. 666-8

Dans ces deux excellents articles, l’éminent médiéviste nous amène au cœur de la dispute des universaux du XIIe siècle : Qu’est-ce que l’humanité? Est-ce que les termes généraux (comme celui d’humanité) ont une réalité ontologique ? Ne sont-ils que des termes langagiers ?

En s’attachant à la pensée de Bernard de Chartres, l’auteur nous entraîne dans les sillons de la tradition réaliste qui avait de fidèles défenseurs au XIIe s. (tradition qui remonte à Platon).


COUSIN, Victor. Ouvrages inédits d’Abélard. Paris, 1836

Cet ouvrage est un outil indispensable pour parvenir à une meilleure compréhension de la doctrine abélardienne sur les universaux.

Cet ouvrage est cité dans la bibliographie de Jolivet (Arts du langage et théologie chez Abélard, Paris, 19-69).

L’auteur est connu pour la qualité des traductions qu’il a données des plus importantes œuvres de la philosophie
.

DE GANDILLAC, M. "Survivance médiévale du stoïcisme : Abélard, Eckart" in : Congrès d’Aix-en-Provence, 1-6 avril 1963, Actes du congrès (Association Guillaume Budé). Paris : Les Belles Lettres, 1964, 594 p. (pp. 120-2)

DE GANDILLAC, M. "Sur quelques interprétations récentes d’Abélard". Cahiers de civilisation médiévale. 1961 (4), p. 293-301.

DE GANDILLAC, M. Œuvres choisies d’Abélard. Textes présentés et traduits par Maurice de Gandillac. Paris : Aubier, 1945, 347 p.

L’auteur est l’un des plus importants médiévistes du XXe siècle.

Les deux articles cités sont en relation très étroite avec la thématique du nominalisme. Le fait de traiter du stoïcisme n’est pas étranger à la question des universaux (ou du nominalisme) car la logique stoïcienne est une logique nominaliste.

Le premier article a le grand intérêt d’être tiré des Actes d’un colloque qui, lui-même, est patronné par une association prestigieuse (Association Guillaume Budé).

La première partie de la monographie (Œuvres choisies d’Abélard) a trait à la logique abélardienne
.

DENIS, L. "La question des universaux d’après Jean de Salisbury". Revue des sciences philosophiques et théologiques, 1977, pp. 425-434.

Cet article est d’un grand intérêt. L’auteur aborde la question des universaux chez un auteur (Jean de Salisbury) qui fut "l’un des scolastiques les plus remarquables au XIIe s. (Blanc, E. - Dictionnaire de philosophie, p. 718).

JOLIVET, Jean. "Vues médiévales sur les paronymes". Revue internationale de philosophie, 1975 (29), p. 222-242.

"Cet article a pour objet de signaler un point de rencontre entre le platonisme et la théorie de la grammaire au Moyen Age. Le rapport de l’adjectif au nom évoquant celui du sensible à l’idée" (The Philosopher’s index : an International index to philosophical periodicals, v. 1, n. 1, springs 1967-68 à 1978, p. 276).

L’auteur effectue une réflexion grammatico-philosophique sur les noms. En ce sens, il aborde la façon dont Abélard s’occupe des universaux (c’est-à-dire conçus à l’état isolé du simple point de vue sémantique) (commentaire de J. Jolivet sur son article dans "non-réalisme et platonisme chez Abélard : essai d’interprétation)
.

JOLIVET, Jean. Arts du langage et théologie chez Abélard. Paris : Lib. Vrin, 1969 (coll. Études de philosophie médiévale, 57). 387 p.

Le livre important d’un maître de la philosophie médiévale au XIIe s. L’auteur fait référence, dans sa bibliographie, à une foule de documents importants. Son ouvrage est également largement cité.

LARGEAULT, Jean. Enquête sur le nominalisme. Préface de René Poirier. Louvain, Nauwelaerts ; Paris, Béatrice-Nauwelaerts, 1971. In-8, xvi, 456 p. "Publications de la faculté des lettres, Paris, Sorbonne, no. 65).

Ouvrage hautement commenté dans de nombreux répertoires et cité dans de nombreux articles.

"Contient une somme des conceptions philosophiques, logiques, épistémologiques et autres qui, depuis le Moyen Age, peuvent se rattacher au nominalisme" (Bull. signal., v. 9, 1955 (Philosophie), Paris, C.n.r.s., p. 78).

"Une bible du nominalisme", "livre exhaustif". "L’auteur traite tour à tour de Roscelin, Abélard, Ockham, universaux, relations, langage, politique, métaphysique. Le nominalisme moderne reçoit la même attention que le médiéval" (Bibliog. de la philosophie, 1937 (v. 1) à 1985 (v. 32) (nouvelle série, v. 4, 1957), p. 236).


PETRUS ABAELARDUS. Dialectica, first complete edition of the parisian manuscript by L.M. de Rijk. ASSEN, Van Gorcum + comp., N.V., 1956 (Philosophical texts and studies, n. 1, publications of the Philosophical institute of the state university of Utrecht), 1956, 623 p.

De Rijk a compilé et "complété une édition critique des œuvres d’Abélard (dialectique). C’est un ouvrage d’une importante contribution pour la connaissance de la logique médiévale" (Bibliog. de la philosophie, p. 447).

Édition critique de la logique et plus spécifiquement de la dialectique d’Abélard.


PIERRE ABÉLARD, PIERRE LE VÉNÉRABLE. Les courants philosophiques, littéraires et artistiques en Occident au milieu du XIIe s. Colloque international du C.N.R.S., Abbaye de Cluny, 2 au 9 juillet 1972. Publié sous la direction de René Louis, Jean Jolivet et Jean Châtillon (colloques internationaux du C.N.R.S., 546). Paris, C.N.R.S., 1975, 782 p.

Ouvrage d’une grande valeur édité par le centre national de recherche scientifique sous la direction d’éminents spécialistes tel que Jean Jolivet. Ces Actes de colloque réunissent des articles de grande importance.

RASSAM, J. "La déconstruction de la métaphysique selon M. Derrida ou le retour au nominalisme le plus moyenâgeux". Revue de l’enseignement philosophique, 1975 (25), n. 2, p. 108

On commente l’ouvrage de Rassam de la façon suivante : "La thèse soutenue par Derrida dans la "voix et le phénomène" est, à travers une problématique posée en termes husserliens, un retour au nominalisme d’Abélard et d’Ockham, en passant par l’expressionnisme de Hegel." (Bull. signalétique, section 519, 1976, v. 30, p. 4).

ROBERT, J.-D. "Le problème des universaux et la prédominance du nominalisme dans la pensée contemporaine. À propos d’une "Enquête sur le nominalisme"". Laval théologique et philosophique, 1974 (30), no. 2, p. 173-96

Cette analyse peut avoir une importance puisque l’auteur "fait un compte rendu très analytique de l’important ouvrage de Jean Largeault "Enquête sur le nominalisme". Ce faisant, il regroupe aussi synthétiquement les divers sens du vocable "nominalisme" en les distinguant, de façon négative et positive, d’autres termes comme ceux de réalisme, conceptualisme, pseudo-nominalisme, formalisme" (The Philosopher’s index, p. 1125).

Cette étude critique peut être considérée comme une étude intéressante mettant en lumière les analyses de J. Largeault.


TWEEDALE, Martin M. "Abailard and non-things". Journal of the history of philosophy, 1967 (5), p. 329-346

TWEEDALE, Martin M. Abailard on universals. Amsterdam, North-Holland publisher company, 1976, 336 p.

Un des plus éminents spécialistes de la philosophie abélardienne et de la question des universaux au XIIe s.

Le premier article est cité dans son livre magistral "Abailard on universals". Dans cette monographie, l’auteur traite du nominalisme d’Abélard aux chapitres 3 à 6 et offre une importante bibliographie.


- Billet de Chartrand Saint-Louis