mardi 24 octobre 2006

Michaël Adam

Né à Paris en 1939, Michaël commence sa vie saisi par une guerre de laquelle six millions de ses frères ne reviendront pas. Réfugié à la campagne dès 1942 chez des villageois de Frétoy-le-Château, l’enfant est pris en otage par les nazis en 1943, à la suite de la liquidation d’un soldat allemand par les résistants. À l’âge de quatre ans, il connaîtra la faim, la séparation et les prisons froides de Compiègne et de Pithiviers, puis il sera interné au camp de Drancy où il séjournera une année durant. Là, il découvrira la vie et les hommes par le biais des fusils, des uniformes, de la mort et des maladies, des larmes et de la peur. En 1945, atteint de la gale, il est évacué sur l’hôpital Rothschild à Paris, jouissant d’un régime de « faveur » en tant que fils de prisonnier de guerre. À la Libération, il réintègre la société des enfants parisiens qui ont connu la guerre en famille et au chaud. Le choc est dur, l’enfant ne s’adapte pas. Les souvenirs tout frais et les troubles affectifs le rendent inapte à faire face aux conditions normales de la vie. À partir de là et jusqu’à l’adolescence, ce seront les psychiatres, les électrochocs, les maisons d’« observation », avec tout ce que cela comporte d’instabilité, d’amertume et de frustrations.

En 1955, il essaie de trouver sa voie en se joignant à un mouvement de jeunesse sioniste. Trois années plus tard, âgé de dix-huit ans, il part créer avec son groupe un nouveau Kibboutz en Israël. Licencié en Pédagogie et en Philosophie, cadre à l’Université Ben-Gourion de Beer-Shéva, Michaël est aujourd’hui à la retraite. Il fait également partie de l’Association Israélienne des Traducteurs et représente, en Israel, plusieurs associations littéraires et poétiques françaises. En collaboration avec son épouse, Haya, il est l’auteur de nombreuses traductions en hébreu de classiques français, parues ces dernières années. Il écrit également des nouvelles et des poèmes en français et en hébreu, primés et laurés pour la plupart en France.

En 1988, les éditions Tammuz publient en Israël la version hébraïque de trois de ses nouvelles : « La rupture », « La Névrose » et « Les Enfants du Mâchefer ». « Les Enfants du Mâchefer » ont gagné le prix Jean Moulin de la Résistance et ont été publiés en version française chez l’Harmattan. Ils viennent d’être traduits en allemand dans la revue L’Obsidian.

« Les Enfants du Mâchefer est le reflet d’une vie où tout y est : la mort, l’amour, la peine, la laideur, la misère, l’espoir et la beauté. Tout s’y trouve concentré, il n’y manque que le sens de l’humour : cette arme secrète, il la garde pour survivre . »

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